Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon

Où l’on apprend que « Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon« . Que le destin peut être heureux et tragique, que la fatalité fait côtoyer les vivants et les morts. Où l’on comprend que la vie de tout être peut « basculer » à tout moment.

« C’est l’un des plus beaux livres de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain qu’animent le sens aigu de la fraternité et un sentiment de révolte à l’égard de toutes les formes d’injustice. C’est l’ Histoire d’une vie« .

Un roman sur le souvenir et l’échec

Le récit se déroule dans un quartier populaire de Montréal au Québec, dans un centre pénitencier. Paul Hansen, le héros du roman, partage sa prison avec un mastodonte des Hells Angels. Dans cet univers confiné, il revoit les grands moments de sa vie, dialogue avec les fantômes de son passé. Avant il était superintendant d’une résidence « l’Excelsior« , dans laquelle il déployait ses talents de concierge, toujours prêt à aider les résidents isolées…

« Ce qui a conduit Paul Hansen sous les verrous ? Le lecteur ne le découvrira qu’à la fin de sa longue confession, tragique et burlesque. »

Biographie

« Jean-Paul Dubois est né en 1950 à Toulouse où il vit actuellement. Journaliste, il commence par écrire des chroniques sportives dans Sud-Ouest. Après la justice et le cinéma au Matin de Paris, il devient grand reporter en 1984 pour Le Nouvel Observateur. Il examine au scalpel les États-Unis et livre des chroniques qui seront publiées en deux volumes aux Éditions de l’Olivier : L’Amérique m’inquiète (1996) et Jusque-là tout allait bien en Amérique (2002). Écrivain , Jean-Paul Dubois a publié de nombreux romans (Je pense à autre chose, Si ce livre pouvait me rapprocher de toi). Il a obtenu le prix France Télévisions pour Kennedy et moi (Le Seuil, 1996), le prix Femina et le prix du roman Fnac pour Une vie française (Éditions de l’Olivier, 2004) ».

sources textes : Editions de l’Olivier

Sous l’étoile de la liberté

Où l’on apprend que, le parcours de fuite suivit par les déportés des goulags sibériens pour échapper à l’oppression soviétique était à la fois héroïque et fascinant, extrême, dangereux et possible. Certains sont morts, d’autres ont survécu pour cette idée éternelle, la liberté .

« Sous l’étoile de la liberté » est inspiré du livre de Sławomir Rawicz publié en 1956, « À marche forcée » (The Long Walk), un récit controversé de son évasion d’un camp du goulag. Le livre fut traduit en vingt-cinq langues et vendu à plus de 500 000 exemplaires. Peter Weir en réalisa un film « The Way Back » (Les chemins de la liberté pour la VF) en 2010.

Résumé

« De mai à décembre 2003, Sylvain Tesson a mis ses pas dans ceux des hommes qui, pendant un demi-siècle, ont fui le goulag ou l’oppression soviétique. Un voyage de 6.000 kilomètres, de la Sibérie jusqu’au Sud de l’Eurasie, à pied, à cheval et à bicyclette. Une célébration de l’esprit d’évasion et un hommage rendu aux damnés du siècle rouge, qui choisissaient la liberté ».

« Huit mois à la rencontre des survivants du système concentrationnaire et des peuples jalonnant ces chemins de fuite. Thomas Goisque, photographe, est venu rejoindre Sylvain Tesson pendant sa traversée à quatre reprises : en Sibérie, en Mongolie, à Lhassa et à Darjeeling ».

Sources photos Thomas Goisque

« Ce qui prime chez moi, c’est l’idée de mouvement. C’est pour moi une notion essentielle. C’est la raison pour laquelle, je regarde avec affection une bestiole aussi peu sympathique que le requin. Il est obligé d’avancer sous peine de mourir. Car le seul moyen qu’il a pour que l’eau traverse ses branchies , est de nager en permanence. Si le requin s’arrête de nager, c’est l’asphyxie ». Sylvain Tesson

Sources photos Thomas Goisque

« Sous l’étoile de la liberté » est publié chez « Arthaud » et « J’ai lu ».

Extrait du film « The way Back » de Peter Weir.

La grande vie

Où l’on apprend que, la beauté du monde se trouve dans le quotidien. Christian Bobin est un auteur controversé ou encensé. Certains critiques vont jusqu’à dire que ces textes sont de la poésie « fragile ». Et pourtant, c’est un écrivain sensible à aux vertus des choses simples de la nature.

« Ce qui manque au monde, ce n’est pas l’argent. Ce n’est même pas ce que l’on appelle « le sens ». Ce qui manque à ce monde c’est la rivière des yeux d’enfants, la gaieté des écureuils et des anges ». Christian Bobin

« Christian Bobin, écrivain et poète français, écrit sur des choses simples, des choses sur lesquelles on ne s’arrête pas. Il s’interroge sur l’ordinaire, sur des questions triviales et futiles afin de faire resurgir une « poétique » du quotidien. A travers des descriptions de ce qu’on ne voit jamais à travers des bruits de fond, Bobin tente de saisir ce qui pose problème, l’instant où le quotidien devient irréel ».

Avec lui, la gaieté naît du minuscule et de l’imprévisible. Son écriture entend nous délivrer de la tyrannie du visible et s’échine à déchirer le voile de maya afin de nous faire basculer dans la contemplation de l’invisible. Ses phrases peuvent paraître abstraites, verbeuses ou encore inconséquentes pourtant, elles peuvent parfois produire un miracle. Comme il l’affirme si souvent : « La poésie ne se dépose pas seulement dans les livres. Parfois, elle passe sans faire de bruit, comme l’ange du quotidien que personne ne voit ».
source : Pierre Poligone Zone critique

Biographie

« Christian Bobin est un écrivain, poète, moraliste et diariste français né le 24 avril 1951 au Creusot en Saône-et-Loire. Il est l’auteur d’une oeuvre fragmentaire où la foi chrétienne tient une grande place, mais avec une approche distanciée de la liturgie et du clergé. Après avoir étudié la philosophie, il a travaillé pour la bibliothèque municipale d’Autun, à l’Écomusée du Creusot et a été rédacteur à la revue Milieux ; il a également été élève infirmier en psychiatrie. Ses premiers textes se situent entre l’essai et la poésie. Son style tend vers le fragment, avec une écriture concentrée faite de petits tableaux représentatifs d’un moment. Ses ouvrages tiennent à la fois ou séparément du roman, du journal et de la poésie en prose. Il connaît un certain succès à partir notamment d’Une petite robe de fête (1991), mais reste un auteur discret, préférant rester éloigné des milieux littéraires. En 1992, il rencontre un autre succès grâce à un livre consacré à saint François d’Assise : Le Très-Bas, Prix des Deux Magots en 1993 et Grand prix catholique de littérature. Il publie en 1996 La Plus que vive, hommage rendu à son amie Ghislaine, morte à 44 ans d’une rupture d’anévrisme. Il a également écrit les préfaces et postfaces de plusieurs ouvrages, notamment un livre de Maximine, L’ombre la neige (Éditions Arfuyen, 1991) ainsi que deux livres de Patrick Renou : Sorianoda (Éditions de l’Envol, 1992) et Tu m’entends ? (Éditions Deyrolle, 1994, rééd. Verdier) et Devance tous les adieux, de Ivy Edelstein (Editions Points, 2015). En 2016, il reçoit le Prix d’Académie pour l’ensemble de son oeuvre. Il tient une chronique intitulée Regard poétique dans le magazine mensuel Le Monde des religions« . source : Editions La Loupe

Sources photos © depositphotos & inconnu

Essai sur l’exotisme

 » Paul Gauguin – Upaupa (Tahitian Dance), 1891

Où l’on apprend qu’à sa mort, en 1919, l’énigmatique Victor Segalen n’avait publié que trois ouvrages « Les Immémoriaux, Stèles et Peintures« . Déjà ceux-ci annonçaient la puissance d’une œuvre qui, paradoxalement, restait à venir.

Les Immémoriaux

Victor Segalen avait beaucoup écrit pendant sa brève existence de quarante années, aussi cet « Essai sur l’exotisme » fait partie d’un ensemble posthume désormais accessible.

En effet, très tôt Segalen avait formé le projet de réévaluer la notion d’exotisme.

Il voulait lui redonner une authenticité, une plénitude, qui lui avaient été confisquées par la mode littéraire issue de Bernardin de Saint-Pierre.

Pour lui, l’exotisme, c’est d’abord une catégorie de la sensibilité qui permet de « percevoir le divers ». En conséquence, pour lui, l’exotisme, c’est l’art, subtil, d’accéder à l’autre. Cependant, au début de ce siècle, à l’heure de l’universalisme colonial, rien n’est moins « politiquement correct » que de tels propos. C’est ainsi, qu’aujourd’hui, ce texte a conservé toute sa force et son audace. Aussi, servi par une prose incroyablement fraîche, il reste comme le souhaitait son auteur, un irremplaçable « bréviaire de la différence » qui vaut plus, et mieux, que bien des traités d’ethnologie. »

Victor Segalen, né à Brest le 14 janvier 1878, mort le 21 mai 1919 à Huelgoat, est un poète, et aussi médecin de marine, ethnographe et un archéologue français.

Au début, Victor Segalen suit des études de médecine à l’École du service de santé des armées de Bordeaux. Puis il est affecté en Polynésie française. Cependant, il n’aime pas la mer, ni naviguer mais débarquer et découvrir. Pourtant, il séjourne à Tahiti en 1903 et 1904. C’est ainsi, lors d’une escale aux îles Marquises, qu’il a l’occasion d’acheter les derniers croquis de Paul Gauguin. Celui-ci est décédé trois mois avant son arrivée,. Sans lui les croquis seraient partis au rebut. Il rapporte en métropole un roman, « les Immémoriaux » (1907). Mais aussi un journal et des essais sur Gauguin et Rimbaud publiés en 1978.

Puis, en 1908 il part en Chine où il soigne les victimes de l’épidémie de peste de Mandchourie. En 1910, il décide de s’installer en Chine avec sa femme et son fils. La première édition de « Stèles » a lieu à Pékin en 1912. En 1914, il entreprend une mission archéologique consacrée aux monuments funéraires de la dynastie des Han. Cette étude sur les sculptures chinoises est publiée qu’en 1972 (Grande Statuaire chinoise). À ce titre, d’un point de vue littéraire, il renouvelle le genre de l’exotisme alors encore trop naïf et ethnocentrique.

En Chine, il rencontre un des rares Européens qui s’y trouvent alors. C’est ainsi que le sinologue belge Charles Michel le marque beaucoup et lui inspire le personnage de René Leys.

Finalement, il meurt le 21 mai 1919 dans la forêt de Huelgoat un exemplaire de Hamlet à la main.

Après coup, l’État français a inscrit son nom sur les murs du Panthéon en tant qu’écrivain mort pour la France pendant la guerre de 1914-1918.

Le nom de Victor Segalen a été adopté par une des universités de Bordeaux, celle où il fit ses études, mais aussi par la faculté de Lettres et Sciences sociales de Brest, sa ville natale, et par le Lycée français international de Hong Kong.

Faculté Ségalen de Brest

sources images@inconnues

Nager avec les piranhas

Où l’on apprend que notre gouvernement jacobin persiste et signe la mort d’un peuple et de sa culture.

Nager avec les piranhas, un livre de Michel Onfray à lire absolument

nager avec les piranhas
ameriendiens

« Il s’est enfoncé dans la région de Guyane où vit le peuple amérindien des Wayanas. Cette population, installée sur les rives de cours d’eau, est menacée de destruction par la pénétration des instruments de la modernité occidentale. Dans cet immense territoire, la France impose une loi jacobine qui ne correspond à aucune réalité locale. Ainsi, les peuples dits premiers sont, par la faute de l’électricité, d’Internet, de la télévision et du centralisme républicain, devenus des peuples derniers. Ils ont perdu jusqu’à la mémoire de leurs pratiques de pêche et de chasse. Le phénomène des suicides d’enfants qui se multiplient là-bas en est une des terribles conséquences. Nager avec les piranhas poursuit brillamment la réflexion que Michel Onfray mène depuis plusieurs années sur la manière dont les civilisations prospèrent sur les décombres de celles qui les ont précédées, avant de mourir à leur tour inéluctablement.

Texte ©Michel Onfray

Né à Argentan (Orne), Michel Onfray obtient en 1986 un doctorat en philosophie à l’Université de Caen. Il enseigne en classe terminale au lycée technique de Caen, puis démissionne de l’Education Nationale en 2002. Il considère en effet que l’enseignement de la philosophie se limite à la transmission d’une histoire de la philosophie officielle et conforme à l’ordre social, au lieu de se donner pour but d’apprendre à philosopher.

Partisan d’une éducation collective qu’il souhaite libertaire et gratuite, Michel Onfray fonde en 2002 l’Université Populaire de Caen, afin d’y enseigner une « contre-histoire » de la philosophie. La première année de cette université est consacrée à « Archipel pré-chrétien ». Il y montre toute la richesse de cette époque qui ne se limitait pas à la philosophie de Platon, chère aux chrétiens, avec des penseurs tels Démocrite, Antiphon, Aristippe, Diogène le cynique, Epicure, Lucrèce. chez lesquels il trouve une alternative au spiritualisme.

Michel Onfray est l’auteur de nombreux ouvrages où il développe une théorie de l’hédonisme. Il propose de réconcilier l’homme avec son corps, machine sensuelle, et de bâtir une éthique fondée sur l’esthétique. Pour lui, la philosophie est comme un art de vivre, de mieux vivre, qui permet de se débarrasser de ses illusions.

Michel Onfray considère qu’il n’y a pas de philosophie sans le bénéfice de la sociologie, des sciences et sciences humaines : « Un philosophe pense en fonction des outils de savoir dont il dispose, sinon il pense en dehors de la réalité ». Sa philosophie est celle d’un rebelle, admirateur de Nietzsche, athée et proche du courant libertaire. Il prône une révolte contre le conformisme et le dogmatisme qui génèrent le conservatisme social.

Source Image inconnue & Depositphotos.

Articles, textes et images protégés par le Code de la Propriété Artistique et Littéraire

Une vie entre deux océans

Où l’on apprend qu’il n’est pas si simple de vouloir tout ignorer de ce qui s’est réellement passé, lorsque la vérité survient peu à peu. Pouvons nous renoncer à la vérité, car il faut la dissocier en elle-même et les effets qu’elle peut avoir. Renoncer à la vérité constituerait un lâche abandon et il nous faut à l’inverse avoir le courage de la vérité.

Résumé :

Après avoir connu les horreurs de la Grande Guerre, Tom Sherbourne revient en Australie. Aspirant à la tranquillité, il accepte un poste de gardien de phare sur l’île de Janus, un bout de terre sauvage et reculé. Là, il coule des jours heureux avec sa femme, Isabel. Un bonheur peu à peu contrarié par leurs échecs répétés pour avoir un enfant. Jusqu’au jour où un canot vient s’échouer sur le rivage. À son bord, le cadavre d’un homme, ainsi qu’un bébé, sain et sauf. Pour connaître enfin la joie d’être parents, Isabel demande à Tom d’ignorer les règles, de ne pas signaler « l’incident ». Une décision aux conséquences dévastatrices …

Une île lourde de symboles

L’île de Janus Rock, un nom hautement symbolique puisqu’il tire son nom du dieu romain aux deux visages, divinité des commencements et des fins et de la croisée des chemins. Tout comme Janus, les personnages de Tom et Isabel sont pris entre deux feux – entre un passé hanté par les destructions de la guerre et un avenir dont ils espèrent dessiner ensemble les contours, entre la volonté de se terrer loin de la laideur du monde et celle de s’accrocher à la moindre lueur d’espoir, entre la tentation d’une décision impulsive et la faculté de faire le choix le plus juste. A l’abri du tumulte du monde, il coule des jours heureux avec sa femme Isabel ; un bonheur peu à peu contrarié par l’impossibilité d’avoir un enfant. Jusqu’à ce jour d’avril où il découvre sur le rivage, dans une petite embarcation, un bébé sain et sauf. Isabel demande à Tom de ne pas signaler cet incident et de garder avec eux l’enfant. Une décision lourde de conséquences… Un roman magnifique !

En Australie, Tom Sherbourne devient gardien de phare sur l’île de Janus, sauvage et reculée. A l’abri du tumulte du monde, il coule des jours heureux avec sa femme Isabel ; un bonheur peu à peu contrarié par l’impossibilité d’avoir un enfant. Jusqu’à ce jour d’avril où il découvre sur le rivage, dans une petite embarcation, un bébé sain et sauf. Isabel demande à Tom de ne pas signaler cet incident et de garder avec eux l’enfant. Une décision lourde de conséquences… Un roman magnifique !

Margot L.Stedman est née et a grandi en Australie-Occidentale et a fait ses études à Perth. Elle vit maintenant à Londres. En 1997, travaillant alors à Londres comme avocate, elle décide de se lancer dans l’écriture. « Une vie entre deux océans » (The Light Between Oceans, 2013) est son premier roman, plébiscité dans le monde entier. Il a été adapté au cinéma en 2016, réalisé par Derek Cianfrance, avec Michael Fassbender, Alicia Vikander et Rachel Weisz.

L’amant de Patagonie

Où l’on apprend que les indiens Onas, Yagans, Yamanas, Alakuf et Tehuelche vivaient en petit nombre dans des terres isolées et austères ou dans les myriades d’îles situées au bout du continent sud-américain. Leur isolement a causé leur perte.

Les Indiens du bout du monde en Patagonie

Les relations avec les Blancs n’ont jamais été bonnes. Ils furent physiquement éliminés là où ils gênaient les intérêts coloniaux et économiques. En brûlant des milliers d’hectares de forêts, les propriétaires terriens, venus des quatre coins de l’Europe : Écosse, France, Espagne et Pays basque, Allemagne, France, Angleterre, Roumanie,les avaient déjà condamnés à disparaître, à les exterminer un par un. Et cela parfois de façon horrible. Leur sport préféré, le tir au « pigeon gelé « , consistait à faire monter une famille entière d’Indiens sur un morceau d’iceberg. Ils visaient au fusil, d’abord les jambes, puis les bras, et ils échangeaient des paris sur le dernier à se noyer ou à mourir de froid.

C’est dans cet univers tragique, qu’Isabelle Autissier a écrit son roman

Résumé :

1880, Ouchouaya, en Patagonie.

Orpheline farouche, Emily l’Ecossaise a 16 ans. En cette période d’évangélisation du Nouveau Monde, Emily est envoyée en Patagonie en tant que « gouvernante » des enfants du Révérend. Elle qui ne sait rien de la vie découvre à la fois la beauté sauvage de la nature, les saisons de froid intense et de soleil lumineux, toute l’âpre splendeur des peuples de l’eau et des peuples de la forêt. La si jolie jeune fille, encore innocente, découvre aussi l’amour avec Aneki, un autochtone Yamana. Alors, sa vie bascule. Réprouvée, en marge des codes et des lois de la civilisation blanche, Emily fugue, rejoint Aneki et croit vivre une passion de femme libre. Jusqu’au drame.

De la colonisation des terres patagonnes à la mort des croyances ancestrales, des affrontements sanglants entre tribus au charme du dépaysement, le roman d’Isabelle Autissier puise à la fois aux sources du réel et de la fiction : qui connaît mieux que la navigatrice les mers du Grand Sud et leurs histoires ? Mais il fallait le talent de la romancière pour incarner ces amants de Patagonie.

Isabelle Autissier

sources photos © Depositphotos & Getty

Sur les chemins noirs

Où l’on apprend, qu’après son grave accident, Sylvain Tesson est parti vagabonder par les chemins cachés, de la ligne de crête du Mercantour près de l’Italie jusqu’à la pointe du Cotentin. « Loin des routes, il existait une France ombreuse protégée du vacarme, épargnée par l’aménagement qui est la pollution du mystère. »

Résumé : Il m’aura fallu courir le monde et tomber d’un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j’ignorais les replis, d’un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides.
La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pied sur mes chemins noirs.
Là, personne ne vous indique ni comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre.
Sylvain Tesson.

Editions GALLIMARD

sources photos © Tesson-Gallimard

Sabiduria l’île de la sagesse

Où l’on découvre qu’il existe toujours un espace de vie où le bonheur est possible.

En 1516, l’humaniste anglais Thomas More écrit son ouvrage majeur « Utopie ». Ce mot signifie pour lui « Nulle part » ou « Lieu de bonheur ». Il avait imaginé l’’île d’Utopie comme une contre-image positive de ce que pourrait être l’Angleterre, si elle était mieux gouvernée, à cette époque. Il indique la voie du « Bien commun », en critiquant le pouvoir, l’inégalité des richesses et l’intolérance religieuse, et en faisant l’éloge de la sagesse.

AU XIXème siècle, Pierre-Joseph Proudhon développe sa pensée du « mutuellisme et de l’organisation coopérative » : « les relations économiques doivent être les plus égales possibles ». Il faut « lutter contre le pouvoir oppresseur et démoralisant du capital en l’évinçant de la vie sociale et économique » .

Souvenons-nous de ses deux célèbres phrases : « la propriété, c’est le vol » « l’anarchie c’est l’ordre ».

Aujourd’hui, l’homme de ce récit ne trouve pas le bonheur dans la société où il vit. Son mal-être le marginalise.

Alors, il trouve refuge dans la contemplation de la nature. La mer et son horizon le transportent vers une île ou la sagesse habitent les hommes.

Une île ou chacune et chacun vivent unis, en paix, sans religion, sans possession, ou l’homme n’est pas considéré comme la menace principale de l’avenir de la planète.

Le miracle va-t-il s’accomplir ?

sources infographiques © Philippe Le Briquir