Te Pito Kura L’île de lumière

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J’ai voulu écrire la suite de « Sabiduria l’île de la sagesse », récit qui contait l’histoire de cet homme perdu dans un monde kafkaïen. Afin d’y échapper il partait à la découverte d’une île ou règne la sagesse et le bien-être.

Te Pito Kura l’île de lumière » est le « contre-pied » de cette première histoire. Je mets en scène un homme né sur Sabiduria. Il méconnait tout ce qui caractérise l’absurdité de notre monde actuel. Il quitte son île et part à la recherche de son ami vers d’autres îles civilisées où sévissent la corruption, le pouvoir et l’argent. Il découvre cet univers qui lui est inconnu et très vite comprend que dans ce monde tout n’est qu’illusion et paraître.

Cette aventure lui permet de prendre la mesure de ce qu’est la « vrai vie ».

Jean Louis Pélissier

Résumé :

« Marcello, pêcheur de Sabiduria l’île de la sagesse[1], part à la recherche de son ami Antonio qui a disparu. Il prend la mer vers le Nord pour une destination inconnue au cœur de l’océan Pacifique. Il débarque sur Rapa Nui, une île mystérieuse volcanique au passé tragique et découvre une civilisation où dominent l’argent, le pouvoir, la corruption et la modernité. Mais certains îliens luttent encore pour conserver leurs terres et leurs traditions. La beauté de l’île, sa nature sauvage, son énergie l’aideront ils à retrouver son ami ? Te Pito Kura, la pierre de lumière lui apportera-t-elle la réponse ? C’est l’histoire de ce récit. »

[1] Lîle de la sagesse, roman de Jean Louis Pélissier paru aux Éditions Syndey Laurent

Sabiduria l’île de la sagesse, extrait

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Sabiduria île de la sagesse, extrait page 114

Après un long silence, elle me dit qu’elle se prénomme « Estrella » et me fait part du plaisir qu’elle éprouve, chaque soir, à contempler la voute céleste.

Une observation qu’elle pratique depuis son plus jeune âge en compagnie de son grand père très érudit dans ce domaine et gardien des trésors cartographiques et astronomiques du Musée du village.

« … À cet instant indicible et indélébile, je ne sais rien d’elle, mais sa présence me suffit. Nos échanges sont brefs et ponctués de longs silences, comme pour respecter la richesse éclairante de la voute cosmique de l’hémisphère Sud. Je perçois son souffle léger et progressivement ma respiration s’accorde à la sienne. A cet instant sa main effleure la mienne. J’éprouve alors une douce sensation de bien-être, prélude à la méditation poétique.

« Belle androgyne ambiguë
De féminité et sensualité mêlées
Oh belle et fière ingénue
Vêtue d’une parure étoilée
Volontaire est ton regard
Comme ton maintien altier.
Ils expriment tous deux sans fard
Tes prophéties réalisées
Les paroles sibyllines
D’une prêtresse antique. »

 » Eres un alma hermosa. [Tu es une belle âme.] Que tu noche sea dulce, cariñosa y calmante ». [Que ta nuit soit douce, aimante et apaisante.]

Sa main se pose alors délicatement sur la mienne. J’ouvre les yeux et croise son regard. Elle s’est approchée de mon visage et dans un souffle parfumé, me dit :

Puis, sans attendre de réponse, elle s’évapore dans un bruissement de soie, me laissant la seule flagrance intime de son parfum et le souvenir de son visage aux traits fins et parfaits. Jerry, témoin de la scène, la regarde s’éloigner comme moi et un grand vide m’envahit alors, regrettant de n’avoir pu échanger plus longuement avec elle.

Je reste un long moment étendu dans la mousse avec Jerry en me remémorant ses derniers mots. Cette rencontre avait été sublime et je savais qu’elle resterait ancrée en moi à jamais. J’étais convaincu qu’elle n’était pas fortuite, tout comme celle de Jerry, et des épisodes surprenants qui m’avaient fait découvrir la communauté des Sabiduriens… »

Source Image ©Washington Douglas Alves

De l’âme

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Où l’on apprend par François Cheng, poète, romancier et académicien, qu’il est « essentiel de retracer pour soi, ou en le partageant, l’itinéraire de son âme, qui est notre vrai vie ». La grande érudition, littéraire, poétique, philosophique de François Cheng, nous amène à s’interroger, explorer les mystères de l’âme.

« Il n’assène aucune sentence, n’affirme rien, mais invite le lecteur à l’accompagner sur le chemin de sa pensée, nourrie du dialogue avec sa correspondante « amie », mais aussi avec tous ceux qui, à travers les mots, la peinture, la musique, ont exploré depuis la nuit des temps les mystères de l’âme. Une pensée portée aussi par la beauté du monde ».

« De l’âme » n’est ni une encyclopédie, ni un précis sur l’âme, mais un vagabondage vivifiant et apaisant, que le lecteur a le sentiment d’arpenter en bonne compagnie ».

Extrait

« Lorsque j’ai reçu votre première lettre, chère amie, je vous ai répondu immédiatement. Avoir de vos nouvelles plus de trente ans après m’a procuré une telle émotion que ma réaction ne pouvait être qu’un cri instantané.
Votre deuxième lettre, que j’ai sous les yeux, je l’ai gardée longtemps avec moi, c’est seulement aujourd’hui que je tente de vous donner une réponse. La raison de ce retard, vous l’avez sans doute devinée, puisque votre missive contient une singulière requête : « Parlez-moi de l’âme »…
Votre phrase : « Sur le tard, je me découvre une âme », je crois l’avoir dite à maintes reprises moi-même. Mais je l’avais aussitôt étouffée en moi, de peur de paraître ridicule. Tout au plus, dans quelques-uns de mes textes et poèmes, j’avais osé user de ce vocable désuet, ce qui sûrement vous a autorisée à m’interpeller. Sous votre injonction, je comprends que le temps m’est venu de relever le défi… »

François Cheng

Biographie par L’académie Française

« Né le 30 août 1929, en Chine pendant la guerre civile, François Cheng est issu d’une famille de lettrés et d’universitaires . La guerre terminée, la Chine sombre peu après dans la guerre civile qui jeta la jeunesse dans le désarroi ou la révolte. Après un temps d’errements, il entre à l’Université de Nankin.

Début 1948, son père participe, en tant que spécialiste des sciences de l’éducation, à la fondation de l’UNESCO, grâce à laquelle il peut venir en France. Il se consacra à l’étude de la langue et de la littérature françaises. Il obtient en 1960 un emploi stable au Centre de linguistique chinoise. Parallèlement à son travail, il s’est employé à traduire les grands poètes français en chinois et à rédiger sa thèse de doctorat.

En 1969, il a été chargé d’un cours à l’Université de Paris VII. À partir de là, il mènera de front l’enseignement et une création personnelle. Il sera naturalisé français en 1971. En 1974, il devient maître de conférences, puis professeur à l’Institut national des langues et civilisations orientales, tandis que ses travaux se composent de traductions des poètes français en chinois et des poètes chinois en français, d’essais sur la pensée et l’esthétique chinoises, de monographies consacrées à l’art chinois, de recueils de poésies, de romans et d’un album de ses propres calligraphies.

Il se verra attribuer le prix André Malraux pour Shitao, la saveur du monde, le prix Roger Caillois pour ses essais et son recueil de poèmes Double chant, le prix Femina pour son roman Le Dit de Tianyi et le Grand prix de la Francophonie pour l’ensemble de son œuvre. Docteur honoris causa de l’université de Bergame (Italie) et de l’Institut catholique de Paris (2007).

Il a été élu à l’Académie française, le 13 juin 2002, au fauteuil de Jacques de Bourbon Busset (34e fauteuil), et reçu le 19 juin 2003 par Pierre-Jean Rémy ».

« Avec « De l’âme » (Albin Michel), livre court et très réconfortant, François Cheng, s’est lancé dans une exploration de l’âme, cette singulière chose qui peine à se faire une place dans le monde d’aujourd’hui, coincé dans un face à face corps-esprit « confiné et desséchant ».

sources photos © Albin Michel source vidéo © La grande librairie sources textes francetvinfo, Académie Française

Robinson des mers du sud

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Où l’on apprend que Tom Neale vécut en solitaire sur un atoll nommé Souvarow perdu entre les îles Samoa et les île de la Société dans le Pacifique Sud. En voulant échapper à la monotonie de la vie, il exerçait le métier de « boutiquier », il décida à cinquante ans de vivre réellement . « Robinson des mers du Sud » raconte l’extraordinaire aventure de cet homme modeste et ingénieux. Il avait obstinément construit « son paradis sur terre » sur lequel il resta quinze ans.

Souvarow est un ensemble de d’îlots. Le plus grand, huit cent mètres, s’appelle « Anchorage », il est minuscule, seulement 800 mètres de long, le plus petit « Out Tree Island » un amas de corail. Lorsque Tom Neale découvrit pour la première fois l’atoll il fut éblouit :

« J’eus soudain ma première vision de Souvarow : une pulsation d’écume blanche battant le récif sur des milles et quelques plumets de cocotiers découpés sur le ciel bleu. Des bouquets de palmes, sur les îlots très dispersés, parsemaient l’énorme étendu presque circulaire du récif ».

Petit à petit il organise son espace de vie et aménage ce qui va devenir l’univers dont il avait si fortement désiré.

 « J’avais reconstruit la cuisine et même fabriqué mon fourneau, réparé la cabane et le chemin qui y conduisait, construit un poulailler où je récoltais autant d’œufs que je voulais, j’avais fait naître un jardin de la jungle et les légumes que j’y récoltais complétaient mon alimentation… » page 192.

Pour vivre, il cueille, il pêche, il cultive, il éradique les cochons sauvages qui détruisent ses cultures. Il répare une jetée qu’une prochaine tempête va définitivement détruire. Ce vieux rêve de s’établir sur une île déserte, il l’aura accomplie humblement, sans orgueil, avec sagesse en trois longues périodes. Il aura appris ses limites, la sous-alimentation, le surmenage, la maladie. Mais lorsqu’il quitta définitivement l’atoll en 1963, il était heureux et comblé par cette aventure humaine extraordinaire.

« Il se fait déposer à Souvarow par un bateau ami et entame une vie solitaire, ponctuée de très rares visites, parmi lesquelles celle de « Bernard Moitessier » l’auteur de « La longue route ». Il lui rend visite de temps à autre et préserve autant que possible l’île pendant les absences de son Robinson. Depuis sa mort, en 1977, l’endroit est devenu une sorte de sanctuaire : il est demandé à tout homme qui s’arrête de contribuer par son travail à entretenir le jardin de celui qui avait voulu vivre son paradis sur terre… »

« Depuis la mort de Tom Neale en 1977, l’île est devenue une sorte de sanctuaire : les marins qui y font escale sont priés de contribuer à entretenir le jardin qu’il avait créé. » Editions Gallimard 2009, Arthaud, La table ronde, titre original : « An Island to Oneself « publié en 1966

Dans la préface de son livre, Bernard Moitessier écrit :

« Avec ses mains, sa conscience et son courage, avec sa pelle magique et sa machette magique, avec sa sueur et avec son amour, un homme avait participé à la création du monde. »

©source photos Arthaud/alamy//inconnue

Voyage sans escale

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Où l’on apprend qu’en mer il est possible de vivre autrement, libre, au fil de l’horloge naturelle du temps. Cette longue traversée en solitaire , que nous propose « Gérard Janichon » rend accessible les symboles, l’imaginaire, une rêverie au gré des vagues et des vents. Voyage sans escale est une révélation des horizons perdues, le souvenir d’amours brisés, la musique de la vague d’étrave. C’est l’occasion d’impressions, de réflexions, de questions parfois sans réponse.

Résumé

« La mer est un voyage dans lequel je me reconnais souvent. Elle m’a rendu autre, je lui dois tout… Je ne sais si je suis marin, mais j’appartiens profondément à cc monde. C’est ma famille.
Il n’est pourtant pas besoin d’être marin pour goûter à cette invitation du voyage; chacun pourra y trouver les reflets de sa propre quête, sa recherche d’identité, de sens et d’absolu.
Sans escale, ce voyage n’est pas destiné à arriver. Le voyage est ici la voie, la vie. Une vie simple, soumise aux envoûtements de la mer, errance choisie dont l’ambition n’est pas de courir le monde mais de mieux l’embrasser, le comprendre.
L’océan n’est peut-être qu’un prétexte, mais Gérard Janichon dit avec force et sensualité l’amour de la mer, le lien avec le bateau, la navigation qui rythme les jours et les couleurs de l’âme. Il converse avec l’horizon et y puise la splendeur de l’univers, la douleur d’être, le bonheur partagé. L’humour est aussi du voyage et ces chroniques vous accompagneront par tous les temps et les allures, comme une petite musique de mer ».
Editions Glénat

Depuis l’aventure initiatique autour du monde à bord du célèbre Damien en compagnie de son ami « Jérôme Poncet », Gérard Jonichon a écumé tous les océans, en solitaire ou en équipage. Pilote, il a aussi couru les cieux, quand il ne voyageait pas à terre. De livres en articles de presse, ses textes ont suscité bien des vocations.

La légende Damien est née… 

« Partir, vouloir tout quitter à peine sorti de l’adolescence, c’était délibérément donner une direction (un sens aussi) à sa vie, accepter d’être mis à l’écart, paria pour les uns, envie des autres » Gérard Janichon.

sources images : Damien/Arthaud/Bpifrance. sources textes : Gérard Janichon Arthaud

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Fantastique île de Pâques

Où l’on apprend qu’il existe une île perdue dans le Pacifique Sud à 3.800 km de Santiago du Chili, 4.300 km de Tahiti et 3.700 km des Marquises. Cette île volcanique, surgie des fonds abyssaux il y des milliers d’années, est constituée des coulées de lave de trois volcans lui donnant cette forme triangulaire presque parfaite, symbole de l’immanence de la nature.. Cette île est appelé « Mata Kite Rani » « des yeux regardent les étoiles » ou encore « Pito No Te Huena » le « Nombril du monde » en langue rapanui.

Illustration Philippe Le Briquir

L’ouvrage de Francis Mazière, « Fantastique île de Pâques » nous emmène à la découverte de cette île à la fois sauvage, mystérieuse et tragique.

Résumé : MATA-KITE-RANI « des yeux regardent les étoiles », est le nom le plus ancien de île de Pâques, et c’est celui qui exprime le mieux la vérité de cette île au passé obscur : aujourd’hui encore, sur ce lambeau de terre où la vie se meurt, neuf cents géants de pierre fixent le ciel de leurs yeux vides. Ils parlent d’une civilisation fabuleuse, aux secrets fascinants. Ces secrets, Francis Mazière, a entrepris de les percer. Le récit de son expédition est celui d’une grande aventure à travers le temps et l’espace ; c’est aussi un témoignage bouleversant sur la vie des derniers survivants d’un continent disparu. Babelio, LE LIVRE DE POCHE, 1968

Source : Babelio.com

Né en1924 et mort en 1994, Francis Mazière est ethnologue, cinéaste, écrivain, et archéologue spécialiste de l’Amazonie. A 23 ans il faisait sa première expédition dans le cadre de la Mission Ogôoué-Congo en 1946-1947.

« C’est en 1963 que Francis Mazière partit à bord d’une goélette de 19 mètres avec sa femme tahitienne Tila pour rejoindre, en cinquante jours, l’île de Pâques, cette île mystérieuse perdue au milieu du Pacifique ». Source : archives.lesoir.be

Source : National Geographic

Pendant deux années il tenta de percer son énigme en étudiant scientifiquement les Moaï, les vestiges, les grottes et les cavernes de l’île. Le best-seller « Fantastique île de Pâques » a été tiré à près d’un million d’exemplaires.

source : Pacifique à la carte

En plus de l’île de Pâques, Francis Mazière a étudié le Sinaï, les déserts de la mer Morte sur les traces de Moïse et du monothéisme ainsi que la Guyane, l’Argentine et le Pacifique Sud. Il a longtemps été le directeur de la collection «Énigmes de l’univers» chez l’éditeur Robert Laffont, puis des « Portes de l’étrange ». Source : archives.lesoir.be

sources textes : Babelio, archives.lesoir.be

La panthère des neiges

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Où l’on apprend ce qu’est la sagesse du monde animal. Un monde sauvage où la beauté et la liberté règnent dans un univers complexe. La faune de nos forêts, de nos champs, de nos montagnes et de nos déserts fait partie de notre écosystème. Elle constitue une immense chaîne alimentaire pour le renouvellement des espèces et l’équilibre naturel. Un monde où la vie et la mort se côtoient sans artifice. Un monde fait de prédateurs, à la fois terribles, furtifs et fragiles. Et l’homme qu’est-il pour cette sphère animal ? Le livre de Sylvain Tesson y répond dans ce récit initiatique ou il découvre les silences du Chang Tang au Tibet, l’affût animalier et l’art de l’attente.

Les yeux de la panthère disaient : « Nous ne pouvons nous aimer, vous n’êtes rien pour moi, votre race est récente, la mienne immémoriale, la vôtre se répand, déséquilibrant le poème. » Sylvain Tesson.

 » Tesson ! Je poursuis une bête depuis six ans, dit Munier. Elle se cache sur les plateaux du Tibet. J’y retourne cet hiver, je t’emmène.
Qui est-ce ?
La panthère des neiges. Une ombre magnifique !
Je pensais qu’elle avait disparue, dis-je.
C’est ce qu’elle fait croire.
 »

Vincent Munier

« Le livre de Sylvain Tesson apporte la réponse tant attendue : oui, elle est là et ses ancêtres ont peut-être regardé passer Matthiessen et Cognetti, stoïques, camouflés sur leur piédestal granitique. Lorsque Sylvain Tesson accepte l’invitation de Vincent Munier, talentueux photographe animalier, à le suivre en plein hiver, il sait déjà qu’il vient pour « elle » et uniquement pour « elle »« . Laureline Dubuy, La Croix

sources photo Vincent Munier sources texte : Gallimard, Sylvain Tesson