Robinson des mers du sud

Où l’on apprend que Tom Neale vécut en solitaire sur un atoll nommé Souvarow perdu entre les îles Samoa et les île de la Société dans le Pacifique Sud. En voulant échapper à la monotonie de la vie, il exerçait le métier de « boutiquier », il décida à cinquante ans de vivre réellement . « Robinson des mers du Sud » raconte l’extraordinaire aventure de cet homme modeste et ingénieux. Il avait obstinément construit « son paradis sur terre » sur lequel il resta quinze ans.

Souvarow est un ensemble de d’îlots. Le plus grand, huit cent mètres, s’appelle « Anchorage », il est minuscule, seulement 800 mètres de long, le plus petit « Out Tree Island » un amas de corail. Lorsque Tom Neale découvrit pour la première fois l’atoll il fut éblouit :

« J’eus soudain ma première vision de Souvarow : une pulsation d’écume blanche battant le récif sur des milles et quelques plumets de cocotiers découpés sur le ciel bleu. Des bouquets de palmes, sur les îlots très dispersés, parsemaient l’énorme étendu presque circulaire du récif ».

Petit à petit il organise son espace de vie et aménage ce qui va devenir l’univers dont il avait si fortement désiré.

 « J’avais reconstruit la cuisine et même fabriqué mon fourneau, réparé la cabane et le chemin qui y conduisait, construit un poulailler où je récoltais autant d’œufs que je voulais, j’avais fait naître un jardin de la jungle et les légumes que j’y récoltais complétaient mon alimentation… » page 192.

Pour vivre, il cueille, il pêche, il cultive, il éradique les cochons sauvages qui détruisent ses cultures. Il répare une jetée qu’une prochaine tempête va définitivement détruire. Ce vieux rêve de s’établir sur une île déserte, il l’aura accomplie humblement, sans orgueil, avec sagesse en trois longues périodes. Il aura appris ses limites, la sous-alimentation, le surmenage, la maladie. Mais lorsqu’il quitta définitivement l’atoll en 1963, il était heureux et comblé par cette aventure humaine extraordinaire.

« Il se fait déposer à Souvarow par un bateau ami et entame une vie solitaire, ponctuée de très rares visites, parmi lesquelles celle de « Bernard Moitessier » l’auteur de « La longue route ». Il lui rend visite de temps à autre et préserve autant que possible l’île pendant les absences de son Robinson. Depuis sa mort, en 1977, l’endroit est devenu une sorte de sanctuaire : il est demandé à tout homme qui s’arrête de contribuer par son travail à entretenir le jardin de celui qui avait voulu vivre son paradis sur terre… »

« Depuis la mort de Tom Neale en 1977, l’île est devenue une sorte de sanctuaire : les marins qui y font escale sont priés de contribuer à entretenir le jardin qu’il avait créé. » Editions Gallimard 2009, Arthaud, La table ronde, titre original : « An Island to Oneself « publié en 1966

Dans la préface de son livre, Bernard Moitessier écrit :

« Avec ses mains, sa conscience et son courage, avec sa pelle magique et sa machette magique, avec sa sueur et avec son amour, un homme avait participé à la création du monde. »

©source photos Arthaud/alamy//inconnue

Laisser un commentaire