Essai sur l’exotisme

 » Paul Gauguin – Upaupa (Tahitian Dance), 1891

Où l’on apprend qu’à sa mort, en 1919, l’énigmatique Victor Segalen n’avait publié que trois ouvrages « Les Immémoriaux, Stèles et Peintures« . Déjà ceux-ci annonçaient la puissance d’une œuvre qui, paradoxalement, restait à venir.

Les Immémoriaux

Victor Segalen avait beaucoup écrit pendant sa brève existence de quarante années, aussi cet « Essai sur l’exotisme » fait partie d’un ensemble posthume désormais accessible.

En effet, très tôt Segalen avait formé le projet de réévaluer la notion d’exotisme.

Il voulait lui redonner une authenticité, une plénitude, qui lui avaient été confisquées par la mode littéraire issue de Bernardin de Saint-Pierre.

Pour lui, l’exotisme, c’est d’abord une catégorie de la sensibilité qui permet de « percevoir le divers ». En conséquence, pour lui, l’exotisme, c’est l’art, subtil, d’accéder à l’autre. Cependant, au début de ce siècle, à l’heure de l’universalisme colonial, rien n’est moins « politiquement correct » que de tels propos. C’est ainsi, qu’aujourd’hui, ce texte a conservé toute sa force et son audace. Aussi, servi par une prose incroyablement fraîche, il reste comme le souhaitait son auteur, un irremplaçable « bréviaire de la différence » qui vaut plus, et mieux, que bien des traités d’ethnologie. »

Victor Segalen, né à Brest le 14 janvier 1878, mort le 21 mai 1919 à Huelgoat, est un poète, et aussi médecin de marine, ethnographe et un archéologue français.

Au début, Victor Segalen suit des études de médecine à l’École du service de santé des armées de Bordeaux. Puis il est affecté en Polynésie française. Cependant, il n’aime pas la mer, ni naviguer mais débarquer et découvrir. Pourtant, il séjourne à Tahiti en 1903 et 1904. C’est ainsi, lors d’une escale aux îles Marquises, qu’il a l’occasion d’acheter les derniers croquis de Paul Gauguin. Celui-ci est décédé trois mois avant son arrivée,. Sans lui les croquis seraient partis au rebut. Il rapporte en métropole un roman, « les Immémoriaux » (1907). Mais aussi un journal et des essais sur Gauguin et Rimbaud publiés en 1978.

Puis, en 1908 il part en Chine où il soigne les victimes de l’épidémie de peste de Mandchourie. En 1910, il décide de s’installer en Chine avec sa femme et son fils. La première édition de « Stèles » a lieu à Pékin en 1912. En 1914, il entreprend une mission archéologique consacrée aux monuments funéraires de la dynastie des Han. Cette étude sur les sculptures chinoises est publiée qu’en 1972 (Grande Statuaire chinoise). À ce titre, d’un point de vue littéraire, il renouvelle le genre de l’exotisme alors encore trop naïf et ethnocentrique.

En Chine, il rencontre un des rares Européens qui s’y trouvent alors. C’est ainsi que le sinologue belge Charles Michel le marque beaucoup et lui inspire le personnage de René Leys.

Finalement, il meurt le 21 mai 1919 dans la forêt de Huelgoat un exemplaire de Hamlet à la main.

Après coup, l’État français a inscrit son nom sur les murs du Panthéon en tant qu’écrivain mort pour la France pendant la guerre de 1914-1918.

Le nom de Victor Segalen a été adopté par une des universités de Bordeaux, celle où il fit ses études, mais aussi par la faculté de Lettres et Sciences sociales de Brest, sa ville natale, et par le Lycée français international de Hong Kong.

Faculté Ségalen de Brest

sources images@inconnues

Laisser un commentaire