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Teaser du roman « Sabiduria l’île de la sagesse »

Teaser

Présentation

Ce petit film, réalisé à partir d’images fixes, est une présentation succincte du roman « Sabiduria l’île de la sagesse ». Il n’en raconte pas l’histoire, mais aborde les thématiques qui guident mes réflexions, l’absurdité du monde dans lequel nous vivons, la politique politicienne, le règne de l’argent, la perte d’identité, le quotidien, la recherche du bonheur et du bien être, la sérénité, la nature, l’écologie, la tolérance, le respect, l’amour.

Sabiduria l’île de la sagesse, extrait

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Sabiduria île de la sagesse, extrait page 114

Après un long silence, elle me dit qu’elle se prénomme « Estrella » et me fait part du plaisir qu’elle éprouve, chaque soir, à contempler la voute céleste.

Une observation qu’elle pratique depuis son plus jeune âge en compagnie de son grand père très érudit dans ce domaine et gardien des trésors cartographiques et astronomiques du Musée du village.

« … À cet instant indicible et indélébile, je ne sais rien d’elle, mais sa présence me suffit. Nos échanges sont brefs et ponctués de longs silences, comme pour respecter la richesse éclairante de la voute cosmique de l’hémisphère Sud. Je perçois son souffle léger et progressivement ma respiration s’accorde à la sienne. A cet instant sa main effleure la mienne. J’éprouve alors une douce sensation de bien-être, prélude à la méditation poétique.

« Belle androgyne ambiguë
De féminité et sensualité mêlées
Oh belle et fière ingénue
Vêtue d’une parure étoilée
Volontaire est ton regard
Comme ton maintien altier.
Ils expriment tous deux sans fard
Tes prophéties réalisées
Les paroles sibyllines
D’une prêtresse antique. »

 » Eres un alma hermosa. [Tu es une belle âme.] Que tu noche sea dulce, cariñosa y calmante ». [Que ta nuit soit douce, aimante et apaisante.]

Sa main se pose alors délicatement sur la mienne. J’ouvre les yeux et croise son regard. Elle s’est approchée de mon visage et dans un souffle parfumé, me dit :

Puis, sans attendre de réponse, elle s’évapore dans un bruissement de soie, me laissant la seule flagrance intime de son parfum et le souvenir de son visage aux traits fins et parfaits. Jerry, témoin de la scène, la regarde s’éloigner comme moi et un grand vide m’envahit alors, regrettant de n’avoir pu échanger plus longuement avec elle.

Je reste un long moment étendu dans la mousse avec Jerry en me remémorant ses derniers mots. Cette rencontre avait été sublime et je savais qu’elle resterait ancrée en moi à jamais. J’étais convaincu qu’elle n’était pas fortuite, tout comme celle de Jerry, et des épisodes surprenants qui m’avaient fait découvrir la communauté des Sabiduriens… »

Source Image ©Washington Douglas Alves

De l’âme

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Où l’on apprend par François Cheng, poète, romancier et académicien, qu’il est « essentiel de retracer pour soi, ou en le partageant, l’itinéraire de son âme, qui est notre vrai vie. »

Le livre de François Cheng n’assène aucune sentence, n’affirme rien, mais invite le lecteur à l’accompagner sur le chemin de sa pensée, nourrie du dialogue avec sa correspondante « amie », mais aussi avec tous ceux qui, à travers les mots, la peinture, la musique, ont exploré depuis la nuit des temps les mystères de l’âme. Une pensée portée aussi par la beauté du monde.

« De l’âme » n’est ni une encyclopédie, ni un précis sur l’âme, mais un vagabondage vivifiant et apaisant, que le lecteur a le sentiment d’arpenter en bonne compagnie.

Extrait

« Lorsque j’ai reçu votre première lettre, chère amie, je vous ai répondu immédiatement. Avoir de vos nouvelles plus de trente ans après m’a procuré une telle émotion que ma réaction ne pouvait être qu’un cri instantané.
Votre deuxième lettre, que j’ai sous les yeux, je l’ai gardée longtemps avec moi, c’est seulement aujourd’hui que je tente de vous donner une réponse. La raison de ce retard, vous l’avez sans doute devinée, puisque votre missive contient une singulière requête : « Parlez-moi de l’âme »…
Votre phrase : « Sur le tard, je me découvre une âme », je crois l’avoir dite à maintes reprises moi-même. Mais je l’avais aussitôt étouffée en moi, de peur de paraître ridicule. Tout au plus, dans quelques-uns de mes textes et poèmes, j’avais osé user de ce vocable désuet, ce qui sûrement vous a autorisée à m’interpeller. Sous votre injonction, je comprends que le temps m’est venu de relever le défi… »

François Cheng

Né le 30 août 1929, en Chine pendant la guerre civile, François Cheng est issu d’une famille de lettrés et d’universitaires . @La guerre terminée, la Chine sombre peu après dans la guerre civile qui jeta la jeunesse dans le désarroi ou la révolte. Après un temps d’errements, il entre à l’Université de Nankin.

Début 1948, son père participe, en tant que spécialiste des sciences de l’éducation, à la fondation de l’UNESCO, grâce à laquelle il peut venir en France. Il se consacra à l’étude de la langue et de la littérature françaises. Il obtient en 1960 un emploi stable au Centre de linguistique chinoise. Parallèlement à son travail, il s’est employé à traduire les grands poètes français en chinois et à rédiger sa thèse de doctorat.

En 1969, il a été chargé d’un cours à l’Université de Paris VII. À partir de là, il mènera de front l’enseignement et une création personnelle. Il sera naturalisé français en 1971. En 1974, il devient maître de conférences, puis professeur à l’Institut national des langues et civilisations orientales, tandis que ses travaux se composent de traductions des poètes français en chinois et des poètes chinois en français, d’essais sur la pensée et l’esthétique chinoises, de monographies consacrées à l’art chinois, de recueils de poésies, de romans et d’un album de ses propres calligraphies.

Il se verra attribuer le prix André Malraux pour Shitao, la saveur du monde, le prix Roger Caillois pour ses essais et son recueil de poèmes Double chant, le prix Femina pour son roman Le Dit de Tianyi et le Grand prix de la Francophonie pour l’ensemble de son œuvre. Docteur honoris causa de l’université de Bergame (Italie) et de l’Institut catholique de Paris (2007).

Il a été élu à l’Académie française, le 13 juin 2002, au fauteuil de Jacques de Bourbon Busset (34e fauteuil), et reçu le 19 juin 2003 par Pierre-Jean Rémy.

source photos © Albin Michel source vidéo © La grande librairie

Robinson des mers du sud

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Où l’on apprend que Tom Neale vécut en solitaire sur un atoll nommé Souvarow. Robinson des mers du Sud raconte l’extraordinaire aventure d’un homme qui a voulu vivre son paradis sur terre et qui l’a construit, jusqu’à l’épuisement, de ses propres mains.

Néo-zélandais né en 1903, Tom Neale a été coureur des mers puis chef de comptoir dans les îles polynésiennes avant de finir sa vie, la cinquantaine venue, en robinson volontaire. Il a passé 15 années tout seul sur une île déserte du Pacifique, Souvarov, à 200 milles de la première habitation de Rarotonga dans les îles Cook.

Oh, ce ne fut pas par misanthropie ! Il a été marié et a eu deux enfants avec une îlienne. Il a travaillé et s’est fait des amis. Mais il aspire à vivre seul, loin de la civilisation qui, durant son existence, a déjà donné deux guerres mondiales. Libre et nu, il s’immerge dans la nature pour recréer son monde. Accompagné de deux chats et de quelques poules, plus un canard sauvage qu’il réussit à apprivoiser. Il fera des rencontres, marins passés par là, militaires en opération et même naufragés. Mais il ne sera bien que seul, face à lui-même.

Il s’organise, discipline la nature alentour et aménage son petit univers. « J’avais reconstruit la cuisine et même fabriqué mon fourneau, réparé la cabane et le chemin qui y conduisait, construit un poulailler où je récoltais autant d’œufs que je voulais, j’avais fait naître un jardin de la jungle et les légumes que j’y récoltais complétaient mon alimentation.. » p.192.

Il cueille, il pêche, il cultive. Pas de chasse, sauf au début pour éradiquer les cochons sauvages qui détruisent toute pousse nouvelle. Mais il manque de viande, poulet et poisson ne suffisent pas à qui travaille de force. Or, six mois passés à réparer une jetée que la prochaine tempête va définitivement détruire, vont montrer à Tom sa faiblesse.


Cet un îlot de huit cents mètres de long sur trois cents mètres de large, jeté dans le Pacifique-Sud, à l’écart de toute terre habitée. C’est sur ce caillou de corail que Tom Neale jette son dévolu.

Marin sur les lignes de commerce qui sillonnent le Pacifique et l’océan Indien, puis employé en Nouvelle-Zélande, en Polynésie et aux Hébrides, ce bourlingueur a plus de cinquante ans quand il réalise son vieux rêve : s’établir sur une île déserte.


Il se fait déposer à Souvarow par un bateau ami et entame une vie solitaire qui va durer près de vingt ans, ponctuée de très rares visites, parmi lesquelles celle de Bernard Moitessier. Il lui rend visite de temps à autre et préserve autant que possible l’île pendant les absences de son Robinson. Depuis sa mort, en 1977, l’endroit est devenu une sorte de sanctuaire : il est demandé à tout homme qui s’arrête de contribuer par son travail à entretenir le jardin de celui qui avait voulu vivre son paradis sur terre… »

Depuis la mort de Tom Neale en 1977, l’île est devenue une sorte de sanctuaire : les marins qui y font escale sont priés de contribuer à entretenir le jardin qu’il avait créé.

Dans la préface de son livre Moitessier écrit « Avec ses mains, sa conscience et son courage, avec sa pelle magique et sa machette magique, avec sa sueur et avec son amour, un homme avait participé à la création du monde? »

©source photos Arthaud/alamy//inconnue

Voyage sans escale

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Où l’on apprend qu’en mer il est possible de vivre autrement, libre, au fil de l’horloge naturelle du temps. Cette longue traversée en solitaire , que nous propose Gérard Janichon rend accessible les symboles, l’imaginaire, une rêverie au gré des vagues et des vents. Voyage sans escale est une révélation des horizons perdues, le souvenir d’amours brisés, la musique de la vague d’étrave. C’est l’occasion d’impressions, de réflexions, de questions parfois sans réponse.

La mer est un voyage dans lequel je me reconnais souvent. Elle m’a rendu autre, je lui dois tout… Je ne sais si je suis marin, mais j’appartiens profondément à cc monde. C’est ma famille.
Il n’est pourtant pas besoin d’être marin pour goûter à cette invitation du voyage; chacun pourra y trouver les reflets de sa propre quête, sa recherche d’identité, de sens et d’absolu.
Sans escale, ce voyage n’est pas destiné à arriver. Le voyage est ici la voie, la vie. Une vie simple, soumise aux envoûtements de la mer, errance choisie dont l’ambition n’est pas de courir le monde mais de mieux l’embrasser, le comprendre.
L’océan n’est peut-être qu’un prétexte, mais Gérard Janichon dit avec force et sensualité l’amour de la mer, le lien avec le bateau, la navigation qui rythme les jours et les couleurs de l’âme. Il converse avec l’horizon et y puise la splendeur de l’univers, la douleur d’être, le bonheur partagé. L’humour est aussi du voyage et ces chroniques vous accompagneront par tous les temps et les allures, comme une petite musique de mer.

Depuis l’aventure initiatique autour du monde à bord du célèbre Damien en compagnie de Jérôme Poncet, Gérard Jonichon a écumé tous les océans, en solitaire ou en équipage. Pilote, il a aussi couru les cieux, quand il. ne voyageait pas à terre. De livres en articles de presse, ses textes ont suscité bien des vocations

La légende Damien est née… « Partir, vouloir tout quitter à peine sorti de l’adolescence, c’était délibérément donner une direction (un sens aussi) à sa vie, accepter d’être mis à l’écart, paria pour les uns, envie des autres » Gérard Janichon.

©images Damien/Arthaud/Bpifrance

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Fantastique île de Pâques

Où l’on apprend qu’il existe une île perdue dans le Pacifique Sud à 3.800 km de Santiago du Chili, 4.300 km de Tahiti et 3.700 km des Marquises. L’île de Pâques aussi appelé Mata Kite Rani ou encore Nombril du monde Pito No Te Huena en langue rapanui.

MATA-KITE-RANI « Des yeux regardent les étoiles », c’est l’un des noms anciens de île de Pâques, et c’est celui qui exprime le mieux la vérité de cette île au passé obscur : aujourd’hui encore, sur ce lambeau de terre où la vie se meurt, neuf cents géants de pierre fixent le ciel de leurs yeux vides. Ils parlent d’une civilisation fabuleuse, aux secrets fascinants. Ces secrets, Francis Mazière, a entrepris de les percer. Le récit de son expédition est celui d’une grande aventure à travers le temps et l’espace ; c’est aussi un témoignage bouleversant sur la vie des derniers survivants d’un continent disparu.

Né en1924 et mort en 1994, Francis Mazière est ethnologue, cinéaste, écrivain, et archéologue spécialiste de l’Amazonie. Il se sépara des anthropologues des bureaux du Musée de l’Homme et poursuivit sa carrière d’explorateur qui lui fit écrire livres et scénari à succès.

A 23 ans il faisait sa première expédition dans le cadre de la Mission Ogôoué-Congo en 1946-1947.

C’est en 1963 que Francis Mazière partit à bord d’une goélette de 19 mètres avec sa femme tahitienne Tila pour rejoindre, en cinquante jours, l’île de Pâques, cette île mystérieuse perdue au milieu du Pacifique.

Il y a vécu durant deux ans pour tenter de percer son énigme en étudiant scientifiquement les géants sous toutes les coutures, notamment par des tests au carbone 14 permettant de les dater.

L’aventurier a relaté cette expérience dans «Fantastique île de Pâques», un best-seller tiré à près d’un million d’exemplaires et dans un film projeté un peu partout dans le monde.

En plus de l’île de Pâques, Francis Mazière a étudié le Sinaï, les déserts de la mer Morte sur les traces de Moïse et du monothéisme ainsi que la Guyane, l’Argentine et le Pacifique Sud. Il a longtemps été le directeur de la collection «Énigmes de l’univers» chez l’éditeur Robert Laffont, puis des «Portes de l’étrange».

©sources images inconnues

La panthère des neiges

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Où l’on apprend ce qu’est la sagesse du monde animal. Les yeux de la panthère disaient : « Nous ne pouvons nous aimer, vous n’êtes rien pour moi, votre race est récente,la mienne immémoriale, la vôtre se répand, déséquilibrant le poème. »

 » Tesson ! Je poursuis une bête depuis six ans, dit Munier. Elle se cache sur les plateaux du Tibet. J’y retourne cet hiver, je t’emmène.
Qui est-ce ?
La panthère des neiges. Une ombre magnifique !
Je pensais qu’elle avait disparue, dis-je.
C’est ce qu’elle fait croire. »

© Vincent Munier

Le livre de Sylvain Tesson apporte la réponse tant attendue : oui, elle est là et ses ancêtres ont peut-être regardé passer Matthiessen et Cognetti, stoïques, camouflés sur leur piédestal granitique. Lorsque Sylvain Tesson accepte l’invitation de Vincent Munier, talentueux photographe animalier, à le suivre en plein hiver, il sait déjà qu’il vient pour « elle » et uniquement pour « elle ».

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon

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Où l’on apprend que Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon. C’est l’un des plus beaux livres de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain qu’animent le sens aigu de la fraternité et un sentiment de révolte à l’égard de toutes les formes d’injustice. C’est l’ Histoire d’une vie.

Un roman sur le souvenir et l’échec

Le récit de Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon se déroule dans un quartier populaire de Montréal au Québec, au sein d’un immense centre pénitencier. C’est ici que que Paul Hansen, le héros du roman qui partage son prénom avec la plupart des personnages de Jean-Paul Dubois, passe en revue les grands moments de sa vie, dialogue avec les fantômes de son passé. Avant de partager un cellule de six mètres carrés avec un mastodonte des Hells Angels, Paul Hansen était superintendant à L’Excelsior, une résidence dans laquelle il déployait ses talents de concierge bienveillant, toujours prêt à venir en aide aux personnes isolées… A travers les souvenirs de ce taiseux, on voyage de Toulouse au nord du Danemark, à Skagen chez les pêcheurs de plies, en passant par le nord du Canada, où l’amiante empoissonne les sols. Ce qui a conduit Paul Hansen sous les verrous ? Le lecteur ne le découvrira qu’à la fin de sa longue confession, tragique et burlesque.

Jean-Paul Dubois est né en 1950 à Toulouse où il vit actuellement. Journaliste, il commence par écrire des chroniques sportives dans Sud-Ouest. Après la justice et le cinéma au Matin de Paris, il devient grand reporter en 1984 pour Le Nouvel Observateur. Il examine au scalpel les États-Unis et livre des chroniques qui seront publiées en deux volumes aux Éditions de l’Olivier : L’Amérique m’inquiète (1996) et Jusque-là tout allait bien en Amérique (2002). Écrivain , Jean-Paul Dubois a publié de nombreux romans (Je pense à autre choseSi ce livre pouvait me rapprocher de toi). Il a obtenu le prix France Télévisions pour Kennedy et moi (Le Seuil, 1996), le prix Femina et le prix du roman Fnac pour Une vie française (Éditions de l’Olivier, 2004).

Sous l’étoile de la liberté

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Où l’on apprend que, le parcours de fuite suivit par les déportés des goulags sibériens pour échapper à l’oppression soviétique était à la fois héroïque et fascinant, extrême, dangereux et possible. Certains sont morts, d’autres ont survécu pour cette idée éternelle, la liberté .

Ce livre est inspiré du récit de Sławomir Rawicz publié en 1956, « À marche forcée » (titre originel en anglais : The Long Walk), récit controversé de son évasion d’un camp du goulag. Le livre se vend à plus de 500 000 exemplaires et est traduit dans vingt-cinq langues. Il est porté à l’écran par Peter Weir sous le titre The Way Back (Les chemins de la liberté pour la version française) en 2010.

De mai à décembre 2003, Sylvain Tesson a mis ses pas dans ceux des hommes qui, pendant un demi-siècle, ont fui le goulag ou l’oppression soviétique. Un voyage de 6.000 kilomètres, de la Sibérie jusqu’au Sud de l’Eurasie, à pied, à cheval et à bicyclette. Une célébration de l’esprit d’évasion et un hommage rendu aux damnés du siècle rouge, qui choisissaient la liberté.

Huit mois à la rencontre des survivants du système concentrationnaire et des peuples jalonnant ces chemins de fuite. Thomas Goisque, photographe, est venu rejoindre Sylvain Tesson pendant sa traversée à quatre reprises : en Sibérie, en Mongolie, à Lhassa et à Darjeeling.

« Ce qui prime chez moi, c’est l’idée de mouvement. C’est pour moi une notion essentielle. C’est la raison pour laquelle, je regarde avec affection une bestiole aussi peu sympathique que le requin. Il est obligé d’avancer sous peine de mourir. Car le seul moyen qu’il a pour que l’eau traverse ses branchies , est de nager en permanence. Si le requin s’arrête de nager, c’est l’asphyxie ». Sylvain Tesson

« Sous l’étoile de la liberté » est publié chez « Arthaud » et « J’ai lu ».

Sources photos © Thomas Goisque

Extrait du film « The way Back » de Peter Weir.

La grande vie

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Où l’on apprend que, « Ce qui manque au monde, ce n’est pas l’argent. Ce n’est même pas ce que l’on appelle « le sens ». Ce qui manque à ce monde c’est la rivière des yeux d’enfants, la gaieté des écureuils et des anges ». Christian Bobin

Christian Bobin, écrivain et poète français, écrit sur des choses simples, des choses sur lesquelles on ne s’arrête pas. Il s’interroge sur l’ordinaire, sur des questions triviales et futiles afin de faire resurgir une « poétique » du quotidien. A travers des descriptions de ce qu’on ne voit jamais à travers des bruits de fond, Bobin tente de saisir ce qui pose problème, l’instant où le quotidien devient irréel.

 Avec lui, la gaieté naît du minuscule et de l’imprévisible. Son écriture entend nous délivrer de la tyrannie du visible et s’échine à déchirer le voile de maya afin de nous faire basculer dans la contemplation de l’invisible. Ses phrases peuvent paraître abstraites, verbeuses ou encore inconséquentes pourtant, elles peuvent parfois produire un miracle. Comme il l’affirme si souvent : « La poésie ne se dépose pas seulement dans les livres. Parfois, elle passe sans faire de bruit, comme l’ange du quotidien que personne ne voit ».

Sources photos © depositphotos & inconnu

Essai sur l’exotisme

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 » Paul Gauguin – Upaupa (Tahitian Dance), 1891

Où l’on apprend qu’à sa mort, en 1919, l’énigmatique Victor Segalen n’avait publié que trois ouvrages « Les Immémoriaux, Stèles et Peintures« . Déjà ceux-ci annonçaient la puissance d’une œuvre qui, paradoxalement, restait à venir.

Les Immémoriaux

Victor Segalen avait beaucoup écrit pendant sa brève existence de quarante années, aussi cet « Essai sur l’exotisme » fait partie d’un ensemble posthume désormais accessible.

En effet, très tôt Segalen avait formé le projet de réévaluer la notion d’exotisme.

Il voulait lui redonner une authenticité, une plénitude, qui lui avaient été confisquées par la mode littéraire issue de Bernardin de Saint-Pierre.

Pour lui, l’exotisme, c’est d’abord une catégorie de la sensibilité qui permet de « percevoir le divers ». En conséquence, pour lui, l’exotisme, c’est l’art, subtil, d’accéder à l’autre. Cependant, au début de ce siècle, à l’heure de l’universalisme colonial, rien n’est moins « politiquement correct » que de tels propos. C’est ainsi, qu’aujourd’hui, ce texte a conservé toute sa force et son audace. Aussi, servi par une prose incroyablement fraîche, il reste comme le souhaitait son auteur, un irremplaçable « bréviaire de la différence » qui vaut plus, et mieux, que bien des traités d’ethnologie. »

Victor Segalen, né à Brest le 14 janvier 1878, mort le 21 mai 1919 à Huelgoat, est un poète, et aussi médecin de marine, ethnographe et un archéologue français.

Au début, Victor Segalen suit des études de médecine à l’École du service de santé des armées de Bordeaux. Puis il est affecté en Polynésie française. Cependant, il n’aime pas la mer, ni naviguer mais débarquer et découvrir. Pourtant, il séjourne à Tahiti en 1903 et 1904. C’est ainsi, lors d’une escale aux îles Marquises, qu’il a l’occasion d’acheter les derniers croquis de Paul Gauguin. Celui-ci est décédé trois mois avant son arrivée,. Sans lui les croquis seraient partis au rebut. Il rapporte en métropole un roman, « les Immémoriaux » (1907). Mais aussi un journal et des essais sur Gauguin et Rimbaud publiés en 1978.

Puis, en 1908 il part en Chine où il soigne les victimes de l’épidémie de peste de Mandchourie. En 1910, il décide de s’installer en Chine avec sa femme et son fils. La première édition de « Stèles » a lieu à Pékin en 1912. En 1914, il entreprend une mission archéologique consacrée aux monuments funéraires de la dynastie des Han. Cette étude sur les sculptures chinoises est publiée qu’en 1972 (Grande Statuaire chinoise). À ce titre, d’un point de vue littéraire, il renouvelle le genre de l’exotisme alors encore trop naïf et ethnocentrique.

En Chine, il rencontre un des rares Européens qui s’y trouvent alors. C’est ainsi que le sinologue belge Charles Michel le marque beaucoup et lui inspire le personnage de René Leys.

Finalement, il meurt le 21 mai 1919 dans la forêt de Huelgoat un exemplaire de Hamlet à la main.

Après coup, l’État français a inscrit son nom sur les murs du Panthéon en tant qu’écrivain mort pour la France pendant la guerre de 1914-1918.

Le nom de Victor Segalen a été adopté par une des universités de Bordeaux, celle où il fit ses études, mais aussi par la faculté de Lettres et Sciences sociales de Brest, sa ville natale, et par le Lycée français international de Hong Kong.

Faculté Ségalen de Brest

sources images@inconnues

Nager avec les piranhas

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Où l’on apprend que notre gouvernement jacobin persiste et signe la mort d’un peuple et de sa culture.

Nager avec les piranhas, un livre de Michel Onfray à lire absolument

nager avec les piranhas
ameriendiens

« Il s’est enfoncé dans la région de Guyane où vit le peuple amérindien des Wayanas. Cette population, installée sur les rives de cours d’eau, est menacée de destruction par la pénétration des instruments de la modernité occidentale. Dans cet immense territoire, la France impose une loi jacobine qui ne correspond à aucune réalité locale. Ainsi, les peuples dits premiers sont, par la faute de l’électricité, d’Internet, de la télévision et du centralisme républicain, devenus des peuples derniers. Ils ont perdu jusqu’à la mémoire de leurs pratiques de pêche et de chasse. Le phénomène des suicides d’enfants qui se multiplient là-bas en est une des terribles conséquences. Nager avec les piranhas poursuit brillamment la réflexion que Michel Onfray mène depuis plusieurs années sur la manière dont les civilisations prospèrent sur les décombres de celles qui les ont précédées, avant de mourir à leur tour inéluctablement.

Texte ©Michel Onfray

Né à Argentan (Orne), Michel Onfray obtient en 1986 un doctorat en philosophie à l’Université de Caen. Il enseigne en classe terminale au lycée technique de Caen, puis démissionne de l’Education Nationale en 2002. Il considère en effet que l’enseignement de la philosophie se limite à la transmission d’une histoire de la philosophie officielle et conforme à l’ordre social, au lieu de se donner pour but d’apprendre à philosopher.

Partisan d’une éducation collective qu’il souhaite libertaire et gratuite, Michel Onfray fonde en 2002 l’Université Populaire de Caen, afin d’y enseigner une « contre-histoire » de la philosophie. La première année de cette université est consacrée à « Archipel pré-chrétien ». Il y montre toute la richesse de cette époque qui ne se limitait pas à la philosophie de Platon, chère aux chrétiens, avec des penseurs tels Démocrite, Antiphon, Aristippe, Diogène le cynique, Epicure, Lucrèce. chez lesquels il trouve une alternative au spiritualisme.

Michel Onfray est l’auteur de nombreux ouvrages où il développe une théorie de l’hédonisme. Il propose de réconcilier l’homme avec son corps, machine sensuelle, et de bâtir une éthique fondée sur l’esthétique. Pour lui, la philosophie est comme un art de vivre, de mieux vivre, qui permet de se débarrasser de ses illusions.

Michel Onfray considère qu’il n’y a pas de philosophie sans le bénéfice de la sociologie, des sciences et sciences humaines : « Un philosophe pense en fonction des outils de savoir dont il dispose, sinon il pense en dehors de la réalité ». Sa philosophie est celle d’un rebelle, admirateur de Nietzsche, athée et proche du courant libertaire. Il prône une révolte contre le conformisme et le dogmatisme qui génèrent le conservatisme social.

Source Image inconnue & Depositphotos.

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Une vie entre deux océans

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Où l’on apprend qu’il n’est pas si simple de vouloir tout ignorer de ce qui s’est réellement passé, lorsque la vérité survient peu à peu. Pouvons nous renoncer à la vérité, car il faut la dissocier en elle-même et les effets qu’elle peut avoir. Renoncer à la vérité constituerait un lâche abandon et il nous faut à l’inverse avoir le courage de la vérité.

Résumé :

Après avoir connu les horreurs de la Grande Guerre, Tom Sherbourne revient en Australie. Aspirant à la tranquillité, il accepte un poste de gardien de phare sur l’île de Janus, un bout de terre sauvage et reculé. Là, il coule des jours heureux avec sa femme, Isabel. Un bonheur peu à peu contrarié par leurs échecs répétés pour avoir un enfant. Jusqu’au jour où un canot vient s’échouer sur le rivage. À son bord, le cadavre d’un homme, ainsi qu’un bébé, sain et sauf. Pour connaître enfin la joie d’être parents, Isabel demande à Tom d’ignorer les règles, de ne pas signaler « l’incident ». Une décision aux conséquences dévastatrices …

Une île lourde de symboles

L’île de Janus Rock, un nom hautement symbolique puisqu’il tire son nom du dieu romain aux deux visages, divinité des commencements et des fins et de la croisée des chemins. Tout comme Janus, les personnages de Tom et Isabel sont pris entre deux feux – entre un passé hanté par les destructions de la guerre et un avenir dont ils espèrent dessiner ensemble les contours, entre la volonté de se terrer loin de la laideur du monde et celle de s’accrocher à la moindre lueur d’espoir, entre la tentation d’une décision impulsive et la faculté de faire le choix le plus juste. A l’abri du tumulte du monde, il coule des jours heureux avec sa femme Isabel ; un bonheur peu à peu contrarié par l’impossibilité d’avoir un enfant. Jusqu’à ce jour d’avril où il découvre sur le rivage, dans une petite embarcation, un bébé sain et sauf. Isabel demande à Tom de ne pas signaler cet incident et de garder avec eux l’enfant. Une décision lourde de conséquences… Un roman magnifique !

En Australie, Tom Sherbourne devient gardien de phare sur l’île de Janus, sauvage et reculée. A l’abri du tumulte du monde, il coule des jours heureux avec sa femme Isabel ; un bonheur peu à peu contrarié par l’impossibilité d’avoir un enfant. Jusqu’à ce jour d’avril où il découvre sur le rivage, dans une petite embarcation, un bébé sain et sauf. Isabel demande à Tom de ne pas signaler cet incident et de garder avec eux l’enfant. Une décision lourde de conséquences… Un roman magnifique !

Margot L.Stedman est née et a grandi en Australie-Occidentale et a fait ses études à Perth. Elle vit maintenant à Londres. En 1997, travaillant alors à Londres comme avocate, elle décide de se lancer dans l’écriture. « Une vie entre deux océans » (The Light Between Oceans, 2013) est son premier roman, plébiscité dans le monde entier. Il a été adapté au cinéma en 2016, réalisé par Derek Cianfrance, avec Michael Fassbender, Alicia Vikander et Rachel Weisz.

L’amant de Patagonie

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Où l’on apprend que les indiens Onas, Yagans, Yamanas, Alakuf et Tehuelche vivaient en petit nombre dans des terres isolées et austères ou dans les myriades d’îles situées au bout du continent sud-américain. Leur isolement a causé leur perte.

Les Indiens du bout du monde en Patagonie

Les relations avec les Blancs n’ont jamais été bonnes. Ils furent physiquement éliminés là où ils gênaient les intérêts coloniaux et économiques. En brûlant des milliers d’hectares de forêts, les propriétaires terriens, venus des quatre coins de l’Europe : Écosse, France, Espagne et Pays basque, Allemagne, France, Angleterre, Roumanie,les avaient déjà condamnés à disparaître, à les exterminer un par un. Et cela parfois de façon horrible. Leur sport préféré, le tir au « pigeon gelé « , consistait à faire monter une famille entière d’Indiens sur un morceau d’iceberg. Ils visaient au fusil, d’abord les jambes, puis les bras, et ils échangeaient des paris sur le dernier à se noyer ou à mourir de froid.

C’est dans cet univers tragique, qu’Isabelle Autissier a écrit son roman

Résumé :

1880, Ouchouaya, en Patagonie.

Orpheline farouche, Emily l’Ecossaise a 16 ans. En cette période d’évangélisation du Nouveau Monde, Emily est envoyée en Patagonie en tant que « gouvernante » des enfants du Révérend. Elle qui ne sait rien de la vie découvre à la fois la beauté sauvage de la nature, les saisons de froid intense et de soleil lumineux, toute l’âpre splendeur des peuples de l’eau et des peuples de la forêt. La si jolie jeune fille, encore innocente, découvre aussi l’amour avec Aneki, un autochtone Yamana. Alors, sa vie bascule. Réprouvée, en marge des codes et des lois de la civilisation blanche, Emily fugue, rejoint Aneki et croit vivre une passion de femme libre. Jusqu’au drame.

De la colonisation des terres patagonnes à la mort des croyances ancestrales, des affrontements sanglants entre tribus au charme du dépaysement, le roman d’Isabelle Autissier puise à la fois aux sources du réel et de la fiction : qui connaît mieux que la navigatrice les mers du Grand Sud et leurs histoires ? Mais il fallait le talent de la romancière pour incarner ces amants de Patagonie.

Isabelle Autissier

sources photos © Depositphotos & Getty

Sur les chemins noirs

À la Une

Où l’on apprend, qu’après son grave accident, Sylvain Tesson est parti vagabonder par les chemins cachés, de la ligne de crête du Mercantour près de l’Italie jusqu’à la pointe du Cotentin. « Loin des routes, il existait une France ombreuse protégée du vacarme, épargnée par l’aménagement qui est la pollution du mystère. »

Résumé : Il m’aura fallu courir le monde et tomber d’un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j’ignorais les replis, d’un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides.
La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pied sur mes chemins noirs.
Là, personne ne vous indique ni comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre.
Sylvain Tesson.

Editions GALLIMARD

sources photos © Tesson-Gallimard